21 janvier 2026 Rétrospectives Vladimir Kolla

Prévisions des vulnérabilités 2026. Ce qui attend les organisations

En cybersécurité, les années passent mais les alertes se ressemblent. Les vulnérabilités s’accumulent, les fuites de données s’enchaînent, les attaques gagnent en vitesse. 2025 n’a fait que confirmer une réalité devenue impossible à ignorer. Le rythme s’accélère.

Résumé

Bilan de l’année 2025

• Des vulnérabilités publiées chaque semaine, exploitées dans la nature presque immédiatement, souvent dès le jeudi.
• Des organisations lourdement équipées compromises par des attaquants peu sophistiqués, faute de visibilité sur leur exposition réelle.
• Des fuites de données devenues continues, installées comme un bruit de fond permanent.

Prospective 2026

• Un rythme de vulnérabilités toujours plus élevé, avec des exploitations rapides concentrées en fin de semaine.
• Une industrialisation des attaques étatiques, notamment russes, visant des leaks massifs et des compromissions d’institutions critiques à l’approche de 2027.
• La fin des promesses irréalistes de l’IA, au profit d’usages plus pragmatiques et opérationnels.

Cybersécurité en 2025. Une accélération qui ne laisse plus de répit

En 2025, le constat global ne laisse aucune place au doute.
Avec 48 448 CVE référencées sur l’année, le volume de vulnérabilités atteint un niveau inédit. Les failles critiques se retrouvent exploitées dans la nature de manière quasi systématique, parfois dès le jeudi, parfois même avant la publication officielle des correctifs. Cette temporalité transforme chaque fin de semaine en période sous tension pour les équipes de sécurité, avec un impact direct sur la charge mentale et le moral.

Le contraste reste saisissant. Tandis que certaines organisations consacrent plusieurs milliers d’euros à leur sécurité, des profils très jeunes parviennent encore à compromettre des environnements exposés avec une facilité déroutante. Les fuites de données, de leur côté, ne connaissent aucun temps mort. Elles s’inscrivent dans un bruit de fond permanent, presque banal. Pendant que tu lis ces lignes, il est peut être 15h13 quelque part dans le monde, et une nouvelle compromission vient sans doute de se produire.

Bilan 2025 de Patrowl. Une détection tournée vers l’amont

Sur l’année écoulée, Patrowl a renforcé sa contribution à la détection proactive des menaces.
514 vulnérabilités jusqu’alors inconnues ont été identifiées et reportées. Parmi elles, 74 présentaient un niveau critique et 87 un niveau élevé, permettant aux équipes concernées d’agir sur les risques les plus sensibles avant exploitation.

L’année a aussi été marquée par l’identification de plus de 208 Trending Attacks, correspondant à des menaces déjà exploitées dans la nature. Cette visibilité offre un avantage décisif pour comprendre ce qui circule réellement sur le terrain et anticiper les modes opératoires en cours.

Enfin, près de 1 000 actifs ont été audités dans le cadre de campagnes de pentest grey box. Ces analyses ont permis de révéler des failles concrètes, exploitables, et souvent invisibles dans des approches purement déclaratives. L’objectif reste constant. Mettre en évidence les points de rupture avant qu’ils ne deviennent des incidents.

Prédictions cybersécurité pour 2026. Vers une pression permanente

À l’approche de 2026, plusieurs dynamiques déjà présentes devraient s’intensifier. Le volume de vulnérabilités publiées continuera de croître, avec des exploitations quasi immédiates, souvent concentrées en fin de semaine. Le temps laissé aux équipes de défense pour réagir continuera de se réduire.

Selon les projections du FIRST, près de 59 000 CVE pourraient être publiées sur l’année. À cette échelle, toute stratégie uniquement réactive perd sa pertinence. Les acteurs étatiques, notamment russes, ainsi que les groupes opportunistes, devraient amplifier une logique de recyclage offensif. Des campagnes inspirées de précédents comme WannaCry ou NotPetya deviendront des modèles reproductibles, reposant sur la réutilisation d’outils, d’infrastructures et de tactiques éprouvées.

Le scénario le plus probable pour de nombreuses organisations reste celui du leak massif, voire du piratage assumé d’institutions critiques. La publication de données sensibles servira autant à fragiliser qu’à afficher une capacité de nuisance. Parallèlement, l’enthousiasme autour de l’IA devrait se heurter à une réalité opérationnelle plus contraignante. Coûts élevés, intégrations difficiles, résultats inégaux. Le discours changera, laissant place à des usages plus sobres et ancrés dans le réel.

Cap sur 2026. La vision Patrowl face à l’exposition réelle

Face à cette pression continue, généraliser le MFA ne suffit plus. La priorité devient la compréhension fine de son exposition. Cela passe par une connaissance précise des actifs, appuyée sur un référentiel fiable, par l’identification rapide des vulnérabilités associées, par leur qualification, puis par une décision immédiate entre correction et contournement.

Cette approche réduit la fenêtre d’exploitation et permet un meilleur contrôle de la chaîne d’approvisionnement, devenue une cible indirecte privilégiée. Centraliser ces informations, suivre l’exposition en continu et accélérer la prise de décision change la posture de sécurité. Elle devient plus lisible, plus réactive, plus alignée avec le terrain.

La cybersécurité n’est plus une affaire d’outils ou de montants investis. Elle repose sur le réalisme, la priorisation et la capacité à encaisser ce qui finira par arriver.
La question n’est plus de savoir si un incident surviendra, mais quand, et surtout comment la réaction s’organise.